La semaine dernière, j’ai lu la pièce de théâtre Matroni et moi d’Alexis Martin. Pour m’aider à la compréhension, j’ai décidé de faire une analyse. Peut-être la jouerais-je avec des élèves du secondaire ou même du cégep ? Qui sais-je ? En espérant vous faire connaître cette pièce ainsi que son auteur.

En 1994, Alexis Martin mettait en scène une œuvre s’intitulant Matroni et moi. Cette pièce raconte l’histoire de Gilles, un jeune étudiant en philosophie, se ramassa dans le pétrin pour une lettre bien mystérieuse. Tout cela est dû au frère de Guylaine qui est mêlé à la pègre. Malgré tous, Gilles demeura intact devant ses convictions. Il ne montrera aucune peur. Alors, la question que nous nous posons s’inscrit comme suit : « Est-ce que les humains faisant parties de la classe sociale la plus élevée seraient représentés comme étant des dieux? » Cet être suprême se retrouve au cœur de certaines pièces de théâtre d’Alexis Martin. Dans les paragraphes suivants, on prendra conscience que Gilles est considéré comme un être suprême. Par la suite, on découvrira les différents niveaux de langue entre Gilles et Guylaine.

En premier lieu, on découvre qu’Alexis Martin traite Dieu dans certaines de ses pièces. Par exemple, dans Matroni et moi, il insère la question de Dieu par le personnage de Gilles. C’est par le mémoire de ce dernier qu’il traite la question de Dieu. Plus précisément aux pages 24, 25 et 26, Gilles aborde l’être suprême comme étant un être au-dessus de tous. En quelques mots, Alexis Martin traite de la nécessité qu’ont de nombreuses personnes de notre époque à croire en quelque chose, peu importe ce que c’est. Donc, on constate que Dieu est un être très important pour Gilles. Si c’était un être sans envergure, Gilles n’aurait pas consacré un mémoire entier sur ce tout-puissant. Sur scène, par la posture et par l’intonation de la voix du copain de Guylaine, on constate qu’il est vraiment intéressé par Dieu. Il a un regard perçant lorsqu’il parle de cet être divin. Tellement qu’il est emporté par son mémoire, il ne se rendra même pas compte qu’il a endormi Guylaine par ses propos ennuyeux. De plus, à la toute fin de la pièce de théâtre, Gilles extirpe l’œil de son père et le flanque contre le mur. Soudainement, un triangle apparaît avec l’œil de Dieu. Cet être suprême est omniprésent pour tous les croyants. Alors pour Gilles, cela est une sorte de métaphore qui démontre qu’il est maintenant le seul à se faire justice. Son père n’est plus là pour le soutenir dans la vie. On constate alors que son paternel était un dieu dans sa vie, qu’il était omniprésent. Bref, on constate alors qu’Alexis Martin traite avec rigueur la question de Dieu dans Matroni et moi. Par le biais du personnage de Gilles, il fera passer son message sur Dieu. À la toute fin de la pièce, on constate que Gilles sera maintenant le seul à se faire justice. Son père étant Dieu ne sera plus à ses côtés.

En second lieu, Alexis Martin introduit dans ses pièces de théâtres tels que Révolutions et Matroni et moi, le thème de la langue. Il met en relation des personnages de milieu socio-économique colossalement différents où la différence de la phrase est très évidente. De plus, cet écrivain soutient que chaque personne peu importe sa culture, peut en influence une autre de façon convaincante. Si on s’attarde plus objectivement à la pièce de théâtre Matroni et moi, on découvre que les personnages de Gilles et de Guylaine possèdent deux registres de langue complètement différents. Guylaine perçoit Gilles comme un être supérieur presque même inaccessible. Elle veut tellement se faire comprendre qu’elle ira jusqu’à changer son vocabulaire pour lui plaire : « C’est meilleur que la bière qu’on boit d’habitude… habituellement, je veux dire.»(Page.20) Cette citation vient clarifier sa façon de voir Gilles. Pour elle, cet homme est quasiment inaccessible. Si son copain était une personne comme une autre, elle ne s’efforcerait pas pour engendrer un vocabulaire soutenu. Par la suite, si on compare les propos tenus par Gilles, on constate que son idiome est tout le contraire de celle de Guylaine. Il a un vocabulaire des plus riche : « Et moi ce que j’ai voulu faire, c’est pas tant un exposé historique du credo profane… »(Page.24) Sur scène, on constate que le personnage de Guylaine interprété par Émilie Bibeau est à l’écoute de toutes les phrases dites par Gilles. Elle ira même jusqu’à compléter les propos de son copain, même si ce qu’elle rajoute est complètement absurde. Bref, on constate qu’il y a une réelle différence au niveau de la langue des interprètes de Guylaine et de Gilles. Pour sa part, Guylaine essaie de parler à la façon de Gilles parce qu’elle le voit comme le Dieu tout-puissant. Compte des idées qui ont précédé, Gilles tient des propos sur Dieu. Alors, c’est très facile pour Guylaine de croire qu’il en ait quasiment un.

On a pu constater qu’Alexis Martin traite de la question de Dieu en passant par le personnage de Gilles. À la toute fin de la pièce, on a pu prendre conscience que Gilles sera désormais le seul à se faire justice. Il n’aura pu son père Larochelle qui sera à ses côtés lorsqu’il y aura un tracas dans sa vie. De plus, on a pu remarquer qu’il y a une factuelle différence au niveau de la langue des interprètes des deux interprètes principaux soit Guylaine et Gilles. Pour sa part, Guylaine essaie de parler à la manière de Gilles parce qu’elle le voit comme un être intouchable. En lien avec cet être intouchable, tout au long de la pièce, Gilles tient des propos sur celui-ci. Alors, Guylaine a de très bonnes raisons de penser qu’il est un être supérieur parce qu’il connaît tout sur Dieu. Pour terminer, nous aurions aussi eu la vertu de comparer la signification des paroles de Gilles par rapport au noir qu’il y eut entre chaque scène.